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dimanche 26 décembre 2010

Le Galaxie

Impossible d'aimer le Thieb sans aller voir sa mère patrie, là où, d'après les légendes, il serait né: Saint-Louis, ex-capitale de l'AOF, maison du thiéboudiène pemba mbaye.

Le temps passe, mon séjour touchera à sa fin plus vite que prévu, il est donc temps d'aller explorer cette Mecque du bon goût et du temps heureux des colonies. A peine débarqué dans la ville (charmante mais sans plus, l'UNESCO classe vraiment tout et n'importe quoi de nos jours), je demande où se trouve le meilleurs thieb du quartier. On me propose le Galaxie, à deux pas.

Aussitôt dit, aussitôt testé.

Je ne ferai pas dans le lyrique - comme la ville, ça se résume un peu à un "bien mais pas top". Un peu de tout ce qu'il faut, certes, et pour changer un riz épicé. Mais sorti de cela, pas de quoi casser trois pattes à un canard. En l'absence de sauce boulettes, j'ai l'impression ici qu'on se fout un peu de ma gueule de touriste.

Bref, vous venez à Saint-Louis pour la ville et son thieb, vous ne reviendrez probablement pas pour ça mais pour sa réserve du Djoudj. Les phacochères et autres pélicans m'ont toujours laissés froid, mais c'est vrai que quand 7'000 de ces derniers prennent leur envol autour de vous, ca vaut son pesant de, euh, thiéboudiène.

Le Galaxie
Rue Abdoulaye Seck x Bouffers
Tél. : 33 961 2468 - 77 553 4906
Ouvert 7/7 de 11h à 15h et 19h à 23h

mardi 21 décembre 2010

Grand chelem

C'est ma semaine magique: après le thieb d'hier, je suis invité ce midi par une collègue à manger au Ngor Surfeur. Le plat du jour, figurez-vous, c'était du thiéboudiène. Et même si je l'avais déjà essayé, j'en ai bien sûr pris.

Puis le soir, chez la Voisine, sa femme de ménage lui avait préparé... un bon thieb. Je suis bien élevé et je mange ce qu'on me donne: j'en ai bien sûr pris.

Par contre là j'admets qu'après trois thiebs en deux jours, je me sens un peu balloné.

lundi 20 décembre 2010

Chez Loutcha

J'étais tranquille dans mon hall d'aéroport, ne demandant rien à personne, même pas à l'Oncle Ben's qui était à mes côtés. Puis débarque un vieux qui, comme tous les vieux, engage la conversation avec le premier voisin qui lui tombe sous la main.

Coup de bol, ce n'était pas moi.

Le Vieux commence donc à raconter à son voisin sénégalais, qui a la moitié de son âge, que ça fait 30 ans qu'il vit au Sénégal (ou en Espagne? Je sais plus), et patati, et patata. Ca fait trente ans, et il y a un truc qui vraiment, au Sénégal, le fait tripper:

C'est le thiéboudiène.

Je tends l'oreille et j'écoute.

"Le meilleur thieb que je connais, c'est chez Loutcha".

Quarante-huit heures à peine après cette rencontre j'étais attablé dans l'estaminet sus-cité.

Chez Loutcha, on m'en avait déjà parlé car c'est apparemment LE restau cap-verdien de référence à Dakar. En fait, vu la taille et la variété du menu (280 pages sans la couverture, au moins), on pourrait difficilement lui attribuer une origine géographique. Le menu comporte en tout cas une page entière dédiée au roi des plats sénégalais: pour 3'300 CFA, je relève le défi et en commande un.

L'ambiance est sympa et la portion aussi énorme que les plafonds de la salle sont haut (8m, au moins, on se croirait dans une chapelle ou un entrepôt réhabilités). Un service tellement copieux qu'il arrive carrément dans un plat plutot qu'une assiette (et je suis pourtant seul). On ne m'y sert pas un morceau de poisson, mais tout un poisson.

Et il y a plein de légumes. Et du beugueudj (une sauce à l'oseille, servie sur le côté). Et c'est bon. Et je suis content. Et je me dis que s'il avait été servi un peu moins tiède, ç'aurait probablement été le meilleur thieb de Dakar. Ne chipotons pas: c'est, à date, le meilleur thieb que je connaisse à Dakar.

Moralité: écoutez les vieux, ils savent des choses. Espionnez la conversation des autres, vous apprendrez des trucs intéressants.


Chez Loutcha
101 rue Moussé Diop (au coin du CCF)
Tél: 33 821 0302
Ouvert lundi-samedi, 12-15h, 19-23h

vendredi 26 novembre 2010

Le Djembé

Il m'est arrivé, plusieurs fois, de voir des films dont la bande-annonce était meilleure que le film lui-même. La promesse n'est pas à la hauteur des attentes, et même si le produit fini est correct on repart un peu déçu.

Laissez-moi vous parler aujourd'hui du Djembé. Non, ce n'est pas ce tambour qui fait le bonheur d'abrutis post-ados blancs qui avec leurs dreadlocks pensent être en phase avec la mère Afrique et parlent comme d'une blessure de guerre de la diarrhée chopée pendant leurs trois semaines de sac à dos. Non, le Djembé, plutôt qu'un détecteur de rebelles en carton-pâte, est aujourd'hui un restaurant du Plateau.

La bande-annonce, c'est quand des collègues sénégalais, informés de la Quête, vous indiquent que le thieb dudit restaurant est assez bon. Que vous vous asseyez et que sur le menu on vous annonce non pas la présence de thiéboudiène, mais que l'on peut vous servir -au choix!- du thieboudiène blanc ou du rouge (avec ou sans sauce tomate).

Vous commandez du thieb blanc (la première fois que j'en voyais proposé dans un restaurant), et on vous amène, avant le plat soi-même et comme pour vous mettre l'eau à la bouche, du khojn, le riz grillé du fond de casserole. Dans une deuxième saucière, de la sauce au tamarin.

A ce stade de l'exploration, j'ai cru que j'avais trouvé le Saint Graal.


Et puis vient le thieb à proprement parler, qui est aussi décevant que l'attente était élevée: gout fade, peu de légumes, poisson plein d'arrêtes et dont je ne pourrais même pas jurer qu'il avait du khof (pâte persillée) - si c'était le cas, il n'a pas laissé de souvenir immémorable.


Pour 2'500 CFA on peut difficilement être déçu, mais on n'est pas enthousiasmé. Je reviendrai quand même pour le thiéboudiène rouge.

Le Djembé
Rue Dr.Theze x Carnot
Tél: 33 821 06 66
Ouvert tous les jours.

vendredi 12 novembre 2010

Le Yakkalma

Je crois que je commence à avoir fait le tour des restaurants des Almadies. S'ils sont généralement très corrects (le Jardin), bien qu'un peu pompeux (le Mogador), on se dit que comparés à ce qu'on trouverait en Europe, pour le prix c'est une super affaire (quoique parfois ça se discute).

Mais quand un restaurant pour toubabs se spécialise en nourriture sénégalaise, on finit toujours par se demander, considérant les coûts locaux, si on ne paie pas surtout pour le décor. Ainsi va du Yakkalma, qui est pourtant un modèle de ce qu'un thieb doit offrir:
  • du poisson avec du khof, pâte persillée dont il est en partie fourré;
  • du riz cassé, avec un peu de khojn, le riz qui a grillé au fond de la casserole;
  • des légumes, forcément, dont le diakhatou, un croisement entre la tomate et l'aubergine, au goût horriblement amer et que personne, à ma connaissance, n'apprécie. 
Fun fact: la superstition locale dit que seuls refusent de manger du diakhatou les démons et je ne sais quels types d'individus magiquement pas fréquentables. Du coup, tout thieb qui se respecte en a, et tout le monde en prend un bout (pour les producteurs de cette infamie gustative, c'est probablement le meilleur coup marketing de tous les temps).
    Donc voilà, le thiéboudiène du Yakkalma est bon, il a tout ce qu'il faut là où il faut. On regrette juste qu'à 6'500 CFA la portion à emporter ce soit, encore une fois, un tarif de toubabs. Mais si on y reste, le décor est sympa.

    Le Yakkalma
    Route des Almadies, 200m avant le Méridien
    Tel: 33 820 6061
    Ouvert midi et soir.

    dimanche 7 novembre 2010

    Le Terrou-bi

    Aujourd'hui on part pour le Mali, et pour changer l'avion est annoncé en retard à l'embarquement - 3h, c'est presque une paille, mais c'est assez pour que l'Oncle Bens et moi fassions demi-tour et retrouvions nos cases respectives.

    Il est 15h30, j'ai faim. La Voisine était malade la nuit dernière, du coup le petit-déjeuner a été léger et tardif, des envies de nourritures plus consistantes me prennent. Ca tombe bien, au Sénégal on mange aux alentours de 13h-13h30, mais le dimanche on traîne et se mettre à table à 15h n'est pas inhabituel.

    Je suis dans les temps, j'ai envie de thiéboudiène.

    J'essaie une ou deux gargotes du quartier, sans succès. Les Almadies, avec sa population de toubabs qui semblent parfois ne connaître de la gastronomie locale que le mérou grillé, ne sont pas le meilleur endroit pour se restaurer honnêtement. Mon envie grandit, ma faim aussi - elle devient obsession: je ne veux plus tant découvrir un thieb qu'en manger un, et vite.

    Je mets le cap sur le Terrou-bi.

    Le Terrou-bi (de Terrou, substantif désignant l'accueil, comme dans Teranga, et -bi pour l'article défini qui en wolof se place à la fin), c'est le meilleur hotel de Dakar, point. Cinq étoiles, ambiance tranquille, personnel compétent et, surtout, surtout le restaurant gastronomique qui est la meilleure table de la ville. Bon, ok, le Radisson a une plus jolie piscine, mais leur bouffe ne dépareillerait pas dans un bed&breakfast. Au Terrou-bi, c'est tellement bon qu'on se demande pourquoi on ne paie pas plus cher. En plus, je sais de source sûre que leur restau "normal" (pas le gastro, donc) sert du thieb midi et soir, 7 jours sur 7. La grande classe, je m'y précipite.

    Et je ne suis pas déçu. Tout y est, tout est cuit à la perfection, tous les légumes y sont, le riz est parfait, le poisson excellent. 6'500 CFA certes, mais on a vu plus cher ailleurs et parler d'argent ici est de toute façon complètement déplacé: le jour où je ferai ma finale des meilleurs thiéboudiènes de Dakar, il est entendu que les concurrents ne pourront rêver, au mieux, que de la deuxième place.

    Le Terrou-bi / Restaurant la Fleur de Sel
    Route de la Corniche Ouest
    Tel: 33 839 9039
    Ouvert 7j/7

    lundi 1 novembre 2010

    Le Relais sportif

    Je suis de ceux qui pensent qu'une journée idéale, ça se planifie. Ne serait-ce que pour le plaisir de changer ses plans à la dernière minute et pouvoir se dire que le bonheur, c'est justement de pouvoir faire ce qu'on veut et savoir se libérer d'une vie trop ordonnée. Je cultive mes contradictions avec amour.

    Bref, donc ce lundi 1er novembre, c'est la Toussaint et c'est férié. J'ai la niaque. Levé tôt le matin, je me fait un petit huit kils, j'embraie direct sur une heure de surf, et hop, petit-déjeuner. Je bouquine un peu, c'est déjà midi et là je me dis qu'il faut découvrir la ville, allons manger cap-verdien (il y a plein de Cap-Verdiens au Sénégal).

    Sauf que chez Loutcha, dont on ne m'a dit que du bien, est situé sur le Plateau, que c'est loin, et que sur mon chemin se trouve le Relais sportif. Changement de plan instantané: j'ai envie de thiéboudiène.

    Avec un nom comme ça on pourrait imaginer un sale bar PMU un peu sombre. Eh ben non. La terrasse en bord de mer est tranquille et splendide, et le "riz au poisson" (c'est comme ça qu'il s'appelle sur la carte, j'ai failli ne pas calculer) est, woaw, il est carrément excellent. Pour 2'300 CFA, j'avais l'impression de commettre le hold-up du siècle. Tout était parfait - ce qui incidemment est plutôt une bonne chose dans le cadre d'une journée idéale.

    Autant dire que le Relais sportif est immédiatement qualifié pour la super finale des thiéboudiènes que je compte tenir un jour. En attendant, j'y retournerai avec plaisir.

    Le Relais sportif
    Route de la Corniche, entre le Terrou-bi et la Cour suprême
    Tél: 33 842 20 82
    Ouvert 7j/7

    lundi 18 octobre 2010

    Sheraton Serrekunda

    Quand on nous a dit qu'il fallait retourner en Gambie, j'ai hésité entre le Kairaba et le Sheraton. Et puis le Sheraton avait ces quelques photos sur leur site:


    Partant, comment pouvait-on être déçus? Eh bien si, on l'a été, un peu. C'est toujours le problème quand les attentes créées sont élevées.

    Le Serrateen, comme on dit dans le pidgin local, se révèle super excentré, genre 40 minutes de Banjul. La bouffe est prévue pour le contingent principal de touristes, à savoir des Anglais qui pensent que le poisson frit, le porridge et le pain mou sont des aliments.

    Ma chambre est très correcte si on fait l'impasse sur la télé qui ne marche pas et la grenouille dans les wécés, mais l'Oncle Bens, en arrivant dans la sienne, se voit souhaiter la bienvenue par Bernard le Cafard. Ses murs (l'Oncle Bens n'a décidément pas de chance), ont des traces d'humidité du sol au plafond (bonus: odeur de moisi renfermé!). Il va donc aller pleurer à la réception pour qu'on le déplace. Et là, miracle: il tombe sur la cuisinière qui passait par là. Elle est sénégalaise. Elle compatit.

    Elle va nous préparer un thiéboudiène.

    Honnêtement, je n'ai pas vraiment de souvenir du thieb (qu'on appelle d'ailleurs benechin ici). Bon poisson, riz un peu trop mouillé d'après l'Oncle. Mais pouvoir savourer un plat maison quand les hordes saxonnes baffrent au buffet où le frit le dispute au bouilli, c'est le grand luxe.

    Sheraton Serrekunda
    Brufut Heights, AU Highway
    PO Box 3311 Serrekunda
    Gambie
    Téléphone: (+220) 4410889
    www.starwoodhotels.com

    mardi 12 octobre 2010

    Yom Kippour

    J'avoue qu'il n'y a pas de quoi être tendre avec Le Citron. Mélange d'égoïsme, d'incompétence et de fainéantise (avec une dose de je-pète-plus-haut-que-mon-cul), Le Citron est à ma connaissance la seule personne envers qui l'Oncle Bens éprouve un mépris certain et continu (bon, il y a aussi le président Wade et son fils, mais au moins on ne partage notre bureau avec).

    Bref, si Le Citron n'est pas assez cité sur ces pages, c'est parce qu'elle fout tellement rien qu'on ne la voit pas assez pour relever ses conneries.

    Sauf que, aujourd'hui, elle nous a invités pour manger un thiéboudiène. Autant dire que tous ses pêchés sont pardonnés, et elle s'est même ouvert une ligne de crédit pour quelques semaines.

    Le truc est énorme, nous sommes six mais il y en a pour douze, et couleur locale oblige il est servi au bol, c'est à dire qu'on pose une grande nappe à terre et tout le monde se sert en commun. Il y a tout ce qu'il faut, comme il faut, et c'est bon.

    Impossible de retourner travailler après ça, mais je m'en fous. Je suis heureux.

    samedi 9 octobre 2010

    Ngor Surfeur

    Samedi matin, surf. Oh yeah. De la bonne houle, marée montante, la plage de Virage et que du bonheur, même si j'ai dû attraper deux vagues en autant d'heures.

    Et comme quand on était petits, après la piscine on a faim. Ca tombe bien parce que le samedi, au Ngor surfeur, c'est thiéboudiène.

    L'emplacement est vraiment parfait. Trois petits restos côte-à-côte dans le seul coin encore vide des Almadies. Une plage sympa, orientée plein ouest (pour les couchers de soleil au bar à tapas d'à côté c'est très bien). Service rapide, mais c'est vrai qu'à part la mascotte locale, on est les seuls.

    Plus important, le thieb est bon. Vraiment bon. Le manioc est un peu dur, mais c'est normal en cette saison, et on s'en fout parce que tout le reste y est (à part du tamarin, dommage). On aurait aussi aimé plus de poisson mais honnêtement, question goût, c'est que du bonheur.

    Ngor surfeur
    Corniche des Almadies, côté opposé au Méridien
    Tel: 338207883 / 77 647 51 62
    http://www.ngorsurfeur.com/
    Ouvert 7/7

    vendredi 8 octobre 2010

    Le plat du jour

    Oncle Bens et moi avons la dalle, et pas qu'un peu. Sortis de meeting avec Deng Xiaoping à14h, nous décidons que la seule source d'énergie décente pour le corps et l'esprit, en ce vendredi, est un bon thiéboudiène.

    Nous avons donc appelé tous les restos listés dans un rayon de 5 km pour connaître leur plat du jour.

    Le huitième est le bon: le Sunugal, nous dit son cuisinier, a trois portions de rab'. Ca tombe bien, à nous deux nous sommes affamés pour trois! Je leur demande de préparer un  truc qu'on puisse emporter et hop, je fonce, je récupère la gamelle en alu qu'ils m'ont préparée, et je rentre pronto au bercail pour savourer la Bête devant notre chantier powerpoint.

    C'est à partir de là là que les versions divergent: pour l'Oncle Bens, on m'a clairement servi un thieb de toubab. C'est vrai qu'à 7'000 CFA la portion, il y a largement de quoi froncer le sourcil. Il est également déçu par le riz, un peu mou il est vrai (et les légumes variés mais limite trop cuits). Par contre la quantité est là, et le poisson est bon, ce qui sauve l'essentiel. On lui attribue, au final et après moult négociations, un assez strict 6/10 - essentiellement pour le remercier d'avoir été là dans un moment de détresse.

    Au final: j'ai vu, j'ai goutu, mais je ne pense pas que je reviendru.

    Le Sunugal
    Route de Ngor (derrière le Casino du Cap Vert)
    Tél. : 33 820 0330
    Ouvert 7/7

    lundi 20 septembre 2010

    Laico

    Un portrait du leader de la Révolution arabe socialiste (ou un truc dans le genre) trône dans l'entrée, derrière le bureau d'accueil. L'hotel paraît assez classe avec son grand hall de marbre, les capitaux sont libyens.

    Le service est lent. Au petit-déjeuner, les vingt tables ne sont que difficilement débarassées par la demi-douzaine d'employés - et ce n'est pas comme s'il y avait affluence de clients qui, de toute façon, se servent eux-mêmes au buffet. Il faut lancer une fusée de détresse pour attirer l'attention d'un serveur et avoir du café. Certains services ont des cuillers, aucun n'a de serviette. Autant dire que j'ai eu de meilleurs propositions dans des auberges de jeunesse (qui elles, pour le coup, étaient bien au-dessus de la moyenne) pour un prix bien inférieur.

    Après deux jours à Ouaga, j'ai gouté les classiques: pintade et agouti. Alors qu'on zone à midi dans le restau de l'hotel, un élément de la carte me fait hausser le sourcil et me met l'eau à la bouche:

    Ils servent du Thiéboudiène.

    Bon, ok, qu'espérer comme plat de poisson dans un pays enclavé, et qui plus est dans cet hotel-ci? Je n'en sais fichtre rien. Mais je sais que je n'ai pas eu de thieb depuis un bail, et que j'ai faim. Ni une ni deux, je commande.

    Je ne suis pas déçu. Mais je ne suis pas ravi. Peu de légumes, poisson plein d'arrêtes, riz bon. Bref, c'est moyen sans plus, un peu comme manger exotique un peu partout dans le monde: ça ressemble à l'original, mais cela en reste loin.

    Et en plus, Garçon, il y a un boulon dans ma tasse à sucre.

    Hotel Laico Ouaga 2000
    Ouagadougou, Burkina Faso
    http://www.laicohotels.com

    mardi 17 août 2010

    La Madrague

    La Madrague, le nom me disait quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Google m'informe que c'est un camping à Pornic, et la résidence de Brigitte Bardot à Saint-Tropez. Eh bien la Madrague, c'est aussi un hôtel en bordure de la plage de Ngor qui sert un thiéboudiène de qualité.

    Pour 5'600 CFA c'est probablement l'un des plus chers qu'il m'ait été donné de manger. Mais la portion est bien présentée à défaut d'être énorme, et le goût est là. Que dire d'autre? Que la vue sur l'île est en fait assez sympa quand il pleut et que la plage en-dessous est vide, et que l'hôtel a l'air plutôt chic. Évitez le poulet yassa.

    La Madrague
    Plage de Ngor
    Ouakam - Dakar
    Tél: 33 820 0223
    http://www.hotel-madrague.com/

    mercredi 21 juillet 2010

    Le Balajo

    Le Balajo, je connaissais parce que c'était pendant la Coupe du Monde le repère des Espagnols de Dakar. On y diffusait des matches sur grand écran, la déco est sympa mais minimal, il y a des ventilos (le coin est semi-ouvert mais pas étouffant pour deux sous), et la bière n'était pas chère. C'est tant mieux, sauf que je n'aime pas le football, et que j'étais de toute façon pour les Allemands.

    Par contre le Balajo, figurez-vous, sert de temps à autre un thiéboudiène à sa façon.

    Le goût y est, il n'y a pas à chipoter, et certainement pas pour 3'500 CFA (boisson incluse). C'est bon, bon, bon comme un vrai bon thiéboudiène. Le seul regret, qui est naturel quand c'est aussi bon, c'est que les portions étaient peut-être construites de manière inégale: plein de riz, du poisson comme il faut mais sans plus, et vraiment pas assez de légumes. Je me souviens clairement de la carotte, mais pour le manioc ou l'aubergine, c'est un peu plus confus. Sans être un maniaque de la vitamine, c'est un peu dommage. Ca ne m'empêchera pas d'y retourner à l'occasion, pour m'extraire d'une crise de manque.

    Le Balajo
    Av. Cheick Anta Diop (juste après la station OilLibya)
    Point E - Dakar
    Tél: 77 801 44 83 / 33 864 11 13
    Ouvert de 11h à minuit, 7/7

    samedi 3 juillet 2010

    Keur Ndeye

    Ca fait longtemps que je n'ai pas mangé de thieb', c'est samedi, et après une bonne matinée de surf, j'ai faim. C'est l'occasion idéale pour sauter dans la voiture et foncer en ville essayer Keur Ndeye ("Chez Ndeye", littéralement), recommandé dans mon Lonely Planet pour sa bonne sélection de plats sénégalais et, notamment, un copieux thiéboudiène. On m'aurait motivé à moins que cela.

    J'embarque la Polonaise (dont le projet semble avancer à reculons et qui s'est fixé comme objectif de trouver un truc positif que ses collègues auront fait avant son départ) et nous arrivons dans ce petit restaurant qui, visiblement, n'a pas changé sa décoration depuis que le rédacteur du LP est passé en 1998 (il s'agit d'une vieille édition récupérée d'un ami). Bon en fait je suis rat, il n'y a quasiment pas de décoration. Mais le restaurant est assez rempli, ce qui à 15h un samedi me parait plutôt bon signe.

    La carte n'est pas immense mais propose une bonne sélection, le thiéboudiène est disponible à 4500 CFA. Aussitôt repéré, aussitôt commandé. Service sympa sans plus, mais rapide.

    La portion est effectivement copieuse, mais de ma faible expérience de la chose j'attends encore de me voir servir un petit thiéboudiène. Le poisson est bon, les légumes aussi, mais le riz est bizarrement al dente et donc un peu croquant. Ca gâche l'impression d'ensemble, je ne suis pas très fan. Je ne sais pas si je vais commencer à mettre en place une échelle de notation, mais à celui-ci je donne un 6/10 assez déçu.

    Le problème des guides et de leurs recommandations, c'est qu'ils créent forcément des attentes (voire pire, des lauriers sur lesquelles les propriétaires se reposent).

    Keur Ndeye
    68 Rue Vincens
    Dakar
    Tél.: 33 821 4973
    Ouvert de 12h à 23h, 7j/7

    dimanche 20 juin 2010

    La Calebasse

    Premier tentative pour réitérer l'expérience mystique qu'était le thiéboudiène de mercredi dernier, et première déception. Pourtant tout commençait plutôt bien: la Calebasse est au deuxième étage d'un magasin d'art africain plutôt sympa, et même si je ne suis pas fan des masques et figurines, la déco mérite qu'on circule dans les étages avant ou après le repas. Ajoutez une belle vue sur la mer (le restaurant est au pied du phare des mamelles) et un service agréable, et on a une bonne recette pour le restaurant à touristes certes, mais avec une expérience de qualité. A 8000 francs CFA le thiéboudiène ce n'est pas spécialement donné mais correct - Dakar est chère, je crois que c'est un fait qui commence à faire son triste chemin dans ma tête.

    Mais las! La portion, généreuse, était complètement dominée par un gout citronné. Épices il y avait, mais bien cachés (ou alors sous la forme de purée de piments, à côté, mais c'était remplacer un maître par un autre). A noter, la présence d'un légume intéressant mais non identifié, sorte de gros haricot noir avec des graines de la taille d'un noyau de cerise. J'ai pensé à du caroube, mais j'ignore s'il s'en mange ici (et si ça se cuisine comme ça).

    Au final: un plat correct et roboratif, mais pas de quoi tomber à la renverse. Le menu présente toute une série de plats sénégalais, a priori j'y retournerai quand même, de préférence avec des amis touristes.


    La Calebasse
    Au dessus du magasin Art Afrique
    Route des Almadies, au pied du phare des Mamelles
    Dakar
    Tel: 33 860 69 47
    Ouvert midi et soir, 7j/7

    mercredi 16 juin 2010

    La Quête

    J'ai goûté hier mon premier Thiéboudiène (orthographe approximative), plat national sénégalais s'il en est. On pourrait se limiter à dire qu'il s'agit de poisson avec du riz, mais c'est comme dire que Guerre et Paix ça parle de la Russie. C'est bon, méga-bon, incroyablement bon. Des épices qui parfument sans arracher la gueule, des saveurs mélangées et incroyables, et pourtant c'est tout simple. Comme pour Super Dupont, on peut résumer les ingrédients à Rienquedubon: 98%; sel: 2%.

    J'ai donc décidé de consacrer les prochains mois à la seule vraie quête qui apportera un plus à l'Humanité: trouver le meilleur thiéboudiène (orthographe approximative) du Sénégal. J'essaierai de documenter mes découvertes ici même.

    In other news, j'apprends que l'un des mes premiers déplacements dans la région ne sera pas au Cap-Vert mais au Liberia. Quand je signale poliment que le pays est sur la liste rouge des déplacements pour cause de, hum, guerre civile pas totalement finie, et qu'il nous faudra une autorisation spéciale, Deng Xiaoping sourit et dit "C'est pas très grave, parce que les autorisations c'est moi qui les signe."

    On va bien se marrer.